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La ferme porcine - Les Élevages Prince

Porc •

Située à Princeville au Centre-du-Québec, la ferme porcine Les Élevages Prince a sans aucun doute un long et bel avenir devant elle. Le couple formé par Yanick Plamondon et Josée Cadieux l’exploite depuis maintenant seize ans. Autrefois à forfait, tous deux ont fait le saut en 2013 à titre de producteurs indépendants.

L’entreprise possède deux bâtiments en sevrage-abattage pour un total de 3 150 places-porcs ou un roulement de 6 600 porcs par an. La première bâtisse est de type conventionnel en parc et les producteurs aiment y laisser les porcs vivre librement. La seconde comprend des éléments technologiques dont deux balances trieuses et un système de contrôle de la ventilation centralisé. Les performances zootechniques de cette entreprise sont non négligeables; ces producteurs figurent parmi les meilleurs de notre réseau en sevrage-abattage. Voyons un peu ce qui les a poussés à embarquer à fond dans cette production.

Josée et Yanick se sont rencontrés à l’Université Laval où ils étudiaient en agronomie et étaient impliqués dans la SAAC (Semaine de l’agriculture, de l’alimentation et de la consommation). Ils ont ensuite pris des chemins séparés sur le marché du travail chez des meuniers compétiteurs, mais leur rêve était de s’établir en production animale. Ils visitaient des fermes dès qu’ils en avaient l’occasion pour voir quelles possibilités s’offraient à eux, des chèvres aux moutons en passant par la production laitière.

DU CHANGEMENT À L'HORIZON

En 2001, une occasion s’est présentée lorsque les frères de Yanick lui ont proposé de s’associer avec eux dans la ferme laitière familiale. Après réflexion, Yanick a décidé d’accepter et d’embarquer dans le projet. Pour sa part, Josée a continué de travailler à temps plein à l’extérieur en prenant de l’expérience dans d’autres productions.

La chance s’est pointée pour le couple en 2003 : ils ont eu la possibilité d’acheter une ferme porcine en engraissement de 1 000 places avec terres adjacentes. Ils ont examiné la faisabilité de s’occuper de la ferme porcine tout en poursuivant le travail sur la ferme laitière avec ses frères pour Yanick et le travail à l’extérieur de la ville pour Josée, ce qui leur a semblé réalisable.

UNE BONNE CONCILIATION TRAVAIL-FAMILLE

Au fil du temps, le couple a eu deux enfants, Audrey et Thomas. La conciliation travail-famille est devenue plus difficile en 2007 avec l’entrée des enfants à l’école et les longs déplacements que Josée devait faire pour le travail. Elle devait arriver à les réduire considérablement et à vivre sur la ferme à part entière avec ses enfants. De là est née l’entreprise Les petits fruits d’Evélyne, où il est possible de cueillir des bleuets à travers 2 300 plants, de passer du bon temps en famille et d’en apprendre davantage sur l’agriculture québécoise et ses nombreuses productions via le volet agrotouristique et la ferme éducative ouverte l’été notamment pour les camps de jour.

Pour sa part, Yanick continuait de travailler sur la ferme laitière avec ses frères comme son grand-père et son père l’ont fait avant lui. Dans l’entreprise qui avait vu le jour dans les années 50, 80 vaches en stabulation attachées étaient traites de façon conventionnelle, ce qui représentait une tâche et une journée de travail considérables. En 2016, voyant les années passer, Yanick et ses deux frères ont commencé à réfléchir à l’avenir de la ferme et à la possible relève. Le meilleur des mondes était pour eux que l’entreprise reste dans la famille. Par contre, le coût très élevé des quotas, les mises à niveau nécessaires pour pouvoir continuer à exploiter la ferme et le défi en matière de main-d’œuvre étaient des éléments très importants à considérer.

UNE OCCASION EN OR

À l’hiver 2018, Yanick a glissé mot à sa conseillère en production porcine qu’il aimerait se lancer dans la cochette et tenter d’augmenter ses revenus en vue d’obtenir une autonomie financière provenant de la production porcine. Quelques mois plus tard et contre toute attente, le téléphone a sonné; la conseillère avait une proposition importante à faire à Yanick et Josée. Elle souhaitait même la faire rapidement et en personne, ce qui a pris Yanick un peu de court puisqu’il était affairé à réparer un bris majeur sur un silo. Sa curiosité l’a emporté; il a laissé ses tâches de côté pour aller au rendez-vous impromptu.

La proposition est tombée : une ferme de 2 000 places située très près de celle de Yanick et Josée était en vente et il était possible pour eux d’en faire l’achat ! Sur le coup, ils ont été très surpris puisqu’ils n’envisageaient pas d’agrandir la ferme porcine dans un avenir rapproché et Yanick avait encore en tête de trouver la meilleure solution pour la postérité de la ferme laitière. Un de ses frères l’a alors informé qu’il avait quelques idées pour parvenir à assurer l’avenir de cette dernière. La communication ayant toujours été bonne entre eux, les trois frères ont été capables de discuter et de prendre la décision de vendre la ferme.

Cette décision était tout de même logique pour Yanick puisque l’avenir lui paraissait beaucoup plus prometteur avec son entreprise porcine et fruitière. Il était conscient que la charge de travail en entreprise porcine était très différente de celle d’une entreprise laitière. Il y voyait une opportunité de pouvoir participer à des réunions, à des rencontres et discussions concernant l’avenir du porc et aux journées d’information offertes dans l’industrie. Tout comme Josée, il désirait pouvoir s’impliquer davantage dans le secteur porcin. D’autre part, le fait de concentrer ses énergies dans une seule production lui permettrait d’être plus à l’affût pour cerner toutes les bonnes occasions dans le secteur du porc à travers le SGRM (Service de gestion de risque du marché) et avoir une meilleure régie. Il pourrait améliorer sa gestion et se concentrer sur le bien-être animal pour obtenir les meilleurs résultats possibles.



Le couple a donc visité la ferme porcine à vendre et décidé d’aller de l’avant malgré les défis liés à l’acquisition de la nouvelle porcherie. Josée aimait beaucoup l’idée d’avoir une seule entreprise et de s’en occuper avec son conjoint. Cette acquisition permettrait au couple de travailler ensemble au quotidien et dans un but commun, ce qui n’avait pas été possible au cours des quinze années précédentes alors que Yanick travaillait simultanément à la ferme laitière. Celui-ci se sentait forcément partagé physiquement et mentalement entre les deux entreprises; lorsqu’il était à la ferme laitière avec ses frères, il pensait à Josée qui assurait les tâches à la ferme porcine, et lorsqu’il était avec elle auprès des porcs, il songeait à ses frères dans les champs ou en train de faire de l’ensilage.

Cela étant dit, puisque la nouvelle ferme avait besoin de beaucoup d’amour, le couple n’a eu d’autre choix que de se diviser les tâches pour un temps. Yanick s’est investi corps et âme à sécuriser, rénover et mettre à niveau le bâtiment n˚ 2 avec son père. Ce dernier était fidèle au poste et apportait quotidiennement une aide incomparable.

Pour sa part, Josée était dans la haute saison des petits fruits et devait tenir le fort de l’autre côté de la rue aux Petits fruits d’Evélyne. Elle devait aussi effectuer la production de ses produits destinés à la Balade Gourmande, événement qui approchait à grands pas. Les propriétaires jugeaient que les améliorations allaient être très profitables tant pour les animaux que pour eux sur le plan de leurs temps libres. Ils souhaitaient rendre le site adéquat pour engager un employé et se permettre une fin de semaine de congé ou même s’offrir un petit voyage dans le Sud; enfin, des vacances !

Cette grosse année se poursuit toujours pour Yanick et Josée et celles qui suivront viendront aussi avec leur lot de défis. Les propriétaires souhaitent à court et moyen termes prendre le dessus en matière de travaux sur la nouvelle porcherie puis amorcer la rénovation de la première bâtisse. Le couple ne sait pas encore si l’un ou l’autre de ses deux enfants prendra la relève de la ferme; pour le moment, ceux-ci poursuivent leur parcours scolaire.

Yanick et Josée désirent continuer à exploiter Les Élevages Prince pendant encore plusieurs années et ont même des idées et projets concernant leur retraite ! Ils sont un bel exemple de persévérance et de travail. Comme quoi il ne faut jamais de cesser de croire en ses rêves !

L’entreprise Les petits fruits d’Evélyne offre plusieurs produits à base de bleuets et autres petits fruits dont du beurre, des tartinades, du pouding et des muffins. Vous pouvez même y trouver des saucisses aux bleuets produites avec du porc haché frais provenant directement des animaux de la ferme Les Élevages Prince. Pour en apprendre davantage sur l’entreprise Les petits fruits d'Evélyne, visitez petitsfruitsdevelyne.com.

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1 commentaire(s)
Colette Levasseur2020-01-15 23:27:42
C,est un grand plaisir pour moi de lire cet article et je tiens à vous féliciter, Josée et Yanick, pour tout ce travail accompli et je vous souhaite du bonheur dans tous vos projets d'avenir. Félicitations
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