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Carnet de voyage Agri-Marché en Alberta

Divers •

Durant les années d'expansion de la ville de Calgary, des gratte-ciel ont été construits à un rythme presque sans précédent dans le monde. Le centre-ville, jusqu'alors dominé par des bâtiments de quelques étages, a vite été submergé d’édifices en hauteur, une tendance qui continue à ce jour. Calgary est par ailleurs l’hôte de plusieurs festivals annuels majeurs dont le Stampede.


Head-Smashed-In Buffalo Jump

HEAD-SMASHED-IN BUFFALO JUMP

En après-midi, nous avons vécu un retour dans le temps. Nous avons visité le centre d’interprétation Head-Smashed- In Buffalo Jump, au nord de Fort Macleod, où se trouve l’un des « précipices à bisons » les plus anciens, les plus importants et les mieux préservés en Amérique du Nord. Le site possède des archives archéologiques remontant jusqu’à 6 000 ans. Le guide, lui-même issu de la Confédération des Pieds-Noirs (Blackfoot Confederacy), nous a fait découvrir sa culture.

Vivant principalement de la chasse, en particulier celle aux bisons, les Pieds-Noirs suivaient les bisons des plaines; on comptait à l’époque plus de 60 000 000 bisons sauvages. Somme toute, leur subsistance tournait autour du bison : la viande servait à se nourrir, les os à confectionner des poignées et ustensiles, et les peaux à fabriquer des vêtements et sacs ainsi qu’à recouvrir les tipis. Pour assurer leur survie durant l’hiver, ils ont pensé à une façon à la fois téméraire et rapide de chasser des centaines de bisons à la fois : attirer un troupeau de bisons entier dans une forme d’entonnoir pour que ceux-ci trouvent la mort en sautant en bas d’une falaise.

Le lundi 8 juillet, nous nous sommes rendus près de Lethbridge afin de faire une visite dans le secteur de la volaille. En effet, nous avons visité un poulailler très récent à la fine pointe de la technologie. Ce bâtiment appartient à l’une des colonies huttérites de la région. Bâti à partir de cubes de béton isolé, ce poulailler, au coût de construction de 2,5 millions de dollars (59 $/pi2), est utilisé principalement pour la production de dindons légers au poids visé de 6 kilos. La dindonnière possède au centre une pouponnière qui est utilisée pour le démarrage des dindonneaux. Les oiseaux sont par la suite transférés vers la section du bâtiment qui sert d’engraissement. Une fois le transfert exécuté, le cycle recommence en pouponnière, et les oiseaux seront déménagés vers l’autre section du bâtiment. Lorsqu’il n’y a plus de quota de dindons disponible, le bâtiment peut être converti en élevage de poulets à griller. Les producteurs procèdent une portion de leur contingent mais se tournent aussi vers la location de quota provenant entre autres de leur abattoir.

Les producteurs ont une moulange à la ferme pour fabriquer eux-mêmes leurs aliments. Ces derniers sont donc de texture moulue et le programme alimentaire comporte 4 phases de début, croissance et finition. On utilise une portion des grains cultivés par la colonie; on cultive 40 000 acres dont 5 000 acres irriguées, principalement utilisées pour l’alimentation du bétail. Quant aux autres cultures, elles sont commercialisées au cours de l’année.

Le quota de poulets en Alberta se détaille en unités. Chacune se transige au prix de 210 $ et permet de produire 4 kg de chair par période. La production est étalée de la même façon qu’en territoire québécois, soit sur 6,5 périodes par année. Si on compare sur la base de 1 m de quota de poulet au Québec, ce qui correspond à 20 kg multipliés par l’allocation qui se situe approximativement à 145 %, on obtient comme droit de produire 29 kg par période. Au prorata, le prix payé par les producteurs avicoles albertains pour la même quantité qu’ici serait de 1522,50 $/m2.


Le groupe à l'intérieur du poulailler appartenant à des huttérites.


Chez Park Lake Feeders

Nous nous sommes par la suite déplacés pour visiter l’entreprise Park Lake Feeders, un parc d’engraissement de 5 000 bovins Angus rouges et noirs. Cette entreprise de haute qualité est opérée avec l’aide de seulement 3 à 4 em ployés. Ceux-ci reçoivent les animaux de la Saskatchewan et terminent leur engraissement selon le principe tout plein-tout vide à tous les 2 mois. Le coût de production de Park Lake Feeders se situe à 1,10 $/lb et l’entreprise exporte 90 % de sa production en Chine. En raison de sa bonne réputation, celle-ci est capable de vendre sa viande plus cher. On y assure des produits sans ractopamine et les récentes tensions commerciales avec la Chine n’y sont pas inquiétantes vu la qualité des produits. De 200 à 300 tonnes de grains y sont consommées chaque semaine. Les grains sont produits sur la ferme et un système d’irrigation des terres est nécessaire; celui-ci revient à 15 $/acre/année. Enfin, un supplément et de l’ensilage d’orge composent la ration des bovins.

USINE OLYMEL DE RED DEER

Nous avons commencé la quatrième journée par une visite de l’usine de transformation de porcs Olymel située à Red Deer. Nous avons eu le bonheur d’être accueillis par des gens très sympathiques et bien organisés. Tous les employés nous saluaient et nous souriaient, et ce, à tous les niveaux. Cette usine est un employeur majeur du secteur agroalimentaire. Elle compte 1 500 employés et regroupe plus de 20 ethnies.

L’usine est le deuxième plus gros abattoir au pays. L’entreprise abat présentement 10,5 porcs/minute et a une capacité maximale de 17 porcs à la minute. Elle abat seulement des porcs canadiens, dont 70 % lui appartiennent. Le reste provient principalement de la Saskatchewan. Actuellement, 75 % des porcs abattus sont exportés.

Nous avons pu voir toutes les étapes de la chaîne, de la préparation des carcasses jusqu’au produit transformé puisque l’usine de Red Deer fabrique sur place plusieurs types de saucisses. Nous avons eu la chance d’entrer à l’intérieur de son immense congélateur. Maintenu à - 30 ˚C, celui-ci renferme plus de 17 000 palettes de viande.

LES HUTTÉRITES D’ALIX

Le jour suivant, soit le mercredi 10 juillet, nous avons eu la chance de visiter une colonie d’huttérites à Alix, près de Red Deer. L’huttérisme est un mouvement chrétien anabaptiste né au Tyrol au 16e siècle. Au cours de la Première Guerre mondiale, les huttérites parlant allemand ont quitté leur pays pour échapper à la conscription. Ils ont décidé d’émigrer en Amérique du Nord dès 1874 et le processus d’immigration a duré jusqu’après la Première Guerre mondiale. Les huttérites conservent rigoureusement un mode de vie communautaire. Ils vivent de l’agriculture mais aucun d’entre eux ne reçoit de salaire.

La colonie que nous avons visitée dénombrait environ 28 familles totalisant 140 habitants. Ils détiennent 10 500 acres de terre, avec une valeur de 6 000 $ par acre. Ils possèdent aussi un énorme centre de grains avec séchoir. Ils ont 100 vaches, 6 000 poules et 350 truies, et engraissent leurs porcs. Aucune insémination artificielle n’est acceptée par leur religion.


Femmes huttérites revenant du travail aux champs

Les huttérites d’Alix ont un énorme parc de machinerie à la fine pointe de la technologie incluant 5 batteuses John Deere 9270. Ils se chargent de l’entretien de toute la mécanique et sont très bien outillés dans leur garage.

Ayant pour philosophie de tout faire par eux-mêmes, ils fabriquent aussi leurs meubles dans un atelier complètement pensé pour travailler la menuiserie. Ils confectionnent également leurs souliers, bottes, vêtements, etc. Ils sont pratiquement autosuffisants. Ils vendent même leurs articles à l’extérieur de la colonie.

La colonie détient un jardin de 10 acres, cultivant toutes sortes de légumes. Les femmes s’occupent du jardin, de la récolte et du cannage pour l’année. Elles font le lavage, la vaisselle et la nourriture qui est servie dans la cuisine communautaire. Les repas sont pris tous ensemble, les femmes étant d’un côté et les hommes de l’autre. Une prière est dite avant et après chaque repas.

Il y a un chef nommé le ministre dans chaque colonie, puis un secrétaire. Ces 2 dirigeants gèrent les finances de la colonie et seul le ministre a accès à Internet. On ne détient ni radio, ni télévision. Les hommes ont un cellulaire pour être joints par la femme de la maison, mais sans accès à Internet. Les enfants vont 7 jours sur 7 à la maternelle de 3 à 6 ans, et vont ensuite à l’école jusqu’à l’âge de 15 ans. Ces deux établissements se retrouvent sur la colonie. Ce sont les femmes qui enseignent dès qu’elles atteignent 50 ans. À partir de 15 ans, les garçons travaillent à la ferme de 4 h 30 le matin jusqu’à la fin de la journée. Les filles travaillent dans le jardin et la cuisine de 15 à 50 ans. Lorsque la colonie atteint 160 habitants, il doit y avoir une division en vue de former une deuxième colonie; c’est un moment difficile et stressant pour les huttérites.

Nous tenons à remercier Michel Larivière et Mounty Thomson de la compagnie PIC ainsi que Ron Catelli d’Alberta Feed de nous avoir donné accès au privilège d’effectuer cette visite.

BARR-AG LTD.

Dans la matinée du jeudi 11 juillet, nous nous sommes dirigés vers la ville de Olds pour visiter l’entreprise Barr-Ag Ltd. Il s’agit d’une entreprise familiale privée fondée en 2004 qui cultive du foin de fléole, de la luzerne, de la paille et des grains pour consommation humaine et animale. L’entreprise cultive 37 000 acres dont la majorité sont consacrées aux fourrages. Grâce à ses capacités en matière de terre, elle est capable d’exporter 80 % de ses cultures. Le reste provient de fermes locales qui produisent du foin selon les standards de l’entreprise.

Nous avons appris que 95 % de l’exportation de foin à l’international provient de l’Alberta. L’entreprise Barr-Ag exporte elle-même du foin dans plus de 20 pays. Ses plus gros clients pour le foin de fléole sont le Japon, la Corée, Taïwan, la Chine et le Moyen-Orient.

Pour réduire le coût du transport, l’entreprise possède 20 machines visant à compresser le foin pour diminuer son volume; plus de palettes de foin peuvent ainsi entrer dans les conteneurs destinés à l’exportation. Barr-Ag peut compresser des balles de 30 kg ou 60 kg selon les commandes des clients. La satisfaction de la clientèle est primordiale pour l’entreprise. C’est pourquoi elle a développé un nouveau produit, le maïs ensilage déshydraté, bien apprécié au Moyen-Orient. En déshydratant l’ensilage de maïs, l’entreprise épargne des coûts en matière de transport sans diminuer la qualité du produit. L’ensilage retrouve sa composition originale lorsque de l’eau y est ajoutée.

Avec ses 85 employés en saison et 65 employés hors saison, Barr-Ag est capable d’effectuer du pressage de foin pour l’année entière. L’entreprise est équipée d’un séchoir européen de 20 millions de BTU lui permettant de sécher de 7 à 10 tonnes par heure, beau temps, mauvais temps. Par la suite, le foin est pressé, emballé et stocké dans son immense entrepôt. Avant que le produit ne soit exporté, Barr-Ag peut valider la qualité du foin en effectuant des analyses selon les besoins du client, à la suite de quoi le produit est exporté en conteneur avec une garantie de qualité. Si un client n’est pas satisfait de la commande reçue, Barr-Ag le rembourse sans hésitation.

COLUMBIA ICEFIELD ET LE LAC LOUISE

En ce beau vendredi 12 juillet, nous nous sommes levés très tôt pour profiter au maximum de la magnifique vue offerte par la promenade des Glaciers (autoroute 93) le long des Rocheuses. Notre excursion de la journée avait lieu au champ de glace Columbia (Columbia Icefield), situé dans le Parc national Jasper. Lors de notre arrivée, nous avions une vue exceptionnelle du glacier Athabasca, l’un des plus visités en Amérique du Nord. À l’aide d’un véhicule spécialisé d’une valeur de plus de 1,3 million de dollars, nous avons eu la chance de monter sur la langue du glacier. Là-haut, nous avons pu constater que le réchauffement climatique est bien réel.


Lac Louise


Autochenilles utilisées pour aller sur les glaciers

En raison de ce dernier, le glacier Athabasca fond en effet depuis plus de 125 ans. Par conséquent, il a perdu la moitié de son volume et a subi un retrait de 1,5 km réduisant la taille de sa langue. À cause de son rétrécissement, le glacier a laissé derrière lui un paysage de moraines rocheuses.

À la suite de notre excursion, nous avons repris la promenade des Glaciers pour nous rendre au lac Louise. Une fois arrivés, nous avons encore eu le souffle coupé, cette fois par la beauté des glaciers et les eaux turquoise. Le lac Louise a été découvert en 1882 par Tom Wilson, un ouvrier du Canadien Pacifique. Il avait été baptisé lac Emerald par ce dernier, mais a été renommé en référence à la quatrième fille de la reine Victoria.


Vue au sommet du mont Sulphur, Banff

MONT SULPHUR ET BOUNDARY RANCH

L’avant-dernière journée du voyage a débuté par l’ascension en gondole du mont Sulphur au Parc national Banff. Au sommet, nous avons pu profiter d’une vue panoramique des 6 montagnes entourant la vallée Bow. Quelques courageux se sont aventurés plus haut dans la montagne en grimpant plus de 200 marches pour rejoindre le sommet Sanson Peak, où on retrouve une ancienne station météorologique. Du sommet, on peut voir la magnifique ville de Banff et le luxueux hôtel Banff Springs. Certains chanceux ont même pu voir des chèvres de montagne à travers les arbres.

En après-midi, nous avons joué aux cowboys au Boundary Ranch de la vallée de Kananaskis. En arrivant, nous nous sommes fait arrêter par trois cowboys à cheval qui recherchaient un bandit parmi notre groupe. Le fautif s’est fait piéger et ramener au ranch à cheval. Ce mauvais coup a été organisé par notre guide touristique Alain pour se venger d’un petit tannant du groupe!


Stampede

Par la suite, 20 membres de notre groupe sont montés à cheval pour faire une randonnée en forêt tandis que d’autres ont profité du beau temps à l’extérieur du ranch en jouant aux cartes ou aux poches. Nous avons eu droit à un vrai souper de cowboy et c’est avec un peu de tristesse que nous avons dit au revoir aux Rocheuses.

LE STAMPEDE

Afin de terminer ce merveilleux voyage agro-touristique en beauté, nous sommes allés au Stampede de Calgary, qui se vante d'être le plus grand spectacle extérieur du monde (The greatest outdoor show on Earth) ! Il regroupe un festival, une exposition agroalimentaire et un rodéo de grande envergure qui ont lieu chaque mois de juillet pour une durée de dix jours.

Il constitue l’un des plus grands événements annuels du Canada; il met entre autres en vedette une compétition de rodéo internationalement reconnue, des spectacles, des concerts, des compétitions agricoles, des courses de cantines ambulantes, des expositions autochtones et des déjeuners de crêpes dans toute la ville. Plus de 1,2 million de personnes visitent le Stampede chaque année.

Nous avons eu la chance de voir la finale du rodéo, où des bourses de 100 000 $ sont attribuées aux vainqueurs. En soirée, nous avons assisté à la finale de la course des « chuckwagons ». Il s’agit d’une course de diligences avec attelage de 4 chevaux comme à l’époque des prospecteurs. À tous les soirs a enfin lieu le spectacle de fermeture; voilà un incontournable comprenant chant, danse, haute voltige et feux d’artifice qui nous a sans aucun doute éblouis!

En somme, il va sans dire que notre groupe a vécu un voyage extraordinaire, marqué en plus par le beau temps! L’ambiance a été des plus agréables et nous vous remercions tous de votre participation! Nous tenons aussi à remercier nos généreux partenaires, qui ont contribué à la réalisation de ce voyage tant apprécié.


JOSIANE ROY, T.P.
Conseillère en production avicole
Agri-Marché inc.


NANCY FRANCO-GENDRON
M. Sc., agr.
Conseillère en production porcine
Agri-Marché inc.


MÉLANIE LAPOINTE, T.P.
Conseillère en production porcine
Agri-Marché inc


SERGE LACASSE, T.P.
Conseiller principal 
Développement des grains
Agri-Marché inc.


VINCENT CÔTÉ
Conseiller en production laitière
Lactech inc

 

 

 

 

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