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Tout le monde en parle : Les engrais verts

Végétal •

Depuis quelques années, on entend de plus en plus parler des engrais verts, ou autrement dit des cultures de couverture. Leurs avantages sont nombreux, notamment en matière d’amélioration de la fertilité du sol.

Alors que certaines plantes permettront de redonner de l’azote à la culture suivante, d’autres, par les spécificités de leur système racinaire, viendront plutôt améliorer la structure du sol et sa porosité ou auront un effet décompactant. Un point supplémentaire à considérer est le retour en matière organique. Il est même possible de faire de la biofumigation en cultivant des engrais verts. Limiter l’érosion, améliorer la capacité portante du sol, faire compétition aux mauvaises herbes et remettre en circulation des éléments nutritifs du sol sont aussi des raisons additionnelles pouvant justifier l’utilisation des plantes de couverture. Quoi qu’il en soit, lorsque vient le temps de choisir un mélange, il faut prendre le temps d’évaluer sous quels aspects on souhaite travailler nos sols.


RETOUR D’AZOTE POUR LA CULTURE SUIVANTE

À cet égard, ce sont les légumineuses qui sont les championnes. Ce n’est pas dans le système racinaire que l’azote sera entreposé. Les nodules sont plutôt les sites du travail des bactéries et l’azote est réparti dans tout le plant. Le rapport carbone/ azote est intéressant du côté des légumineuses puisqu’il est faible; il permet donc une décomposition très rapide. Selon les années et le stade de maturité de la plante, on peut s’attendre à un retour de 20 à 150 unités d’azote.

On retrouve une panoplie de trèfles qu’il est possible d’utiliser en culture de couverture. En ce qui a trait aux espèces annuelles, le trèfle incarnat et le trèfle d’Alexandrie sont disponibles. Leur développement est plus rapide que celui des variétés vivaces et ils ne survivront pas à l’hiver, ce qui peut être un avantage dans certains cas.

En ce qui concerne les trèfles vivaces, on retrouve le trèfle rouge et le trèfle alsike et au niveau des blancs, le ladino, le nain et le huïa. Ils sont souvent utilisés en association. On les fauche ou on les enfouit à la floraison.

Le pois fourrager compte aussi beaucoup d’adeptes puisqu’il peut être semé tard et aura une croissance rapide jusque tard à l’automne. Attention à son système racinaire plutôt à la surface; il préfère donc les sols loameux ou argileux et trouvera difficiles les périodes de sécheresse. Il n’aura pas d’effet sur la structure du sol, mais peut produire une forte biomasse et donc un bon retour en matière organique. On l’utilise généralement en combinaison avec une céréale. On entend également parler du pois autrichien. Ce dernier a une plus grande tolérance au gel et pourrait parfois survivre à l’hiver. Par contre, les hivers québécois sont peu propices à sa survie.


Trèfle incarnat



Vesce commune

Les vesces sont aussi intéressantes à semer. Plutôt agressives, il y a la commune qui est annuelle et la velue qui survit occasionnellement à l’hiver. Elles sont à utiliser pour leur retour d’azote élevé, mais possèdent un système racinaire très développé bien qu’en surface.

La féverole est une autre option à envisager. Elle produit un niveau intéressant de biomasse et possède un système racinaire très structurant. Par contre, la semence est dispendieuse.


Féverole


LES CRUCIFÈRES

Les crucifères présentent des systèmes racinaires structurants et un fort développement aérien. Ils répondent bien au semis à la volée. Par contre, ce type de plant a un besoin élevé en azote; il est donc à utiliser lorsque du fumier est à valoriser. Sinon, il est possible d’être déçu par son développement. Lorsque la rotation inclut d’autres crucifères, il y a un bémol à utiliser ce type de culture à cause des maladies.

Dans cette catégorie se trouve le radis décompacteur. Celui-ci est intéressant pour sa croissance jusque tard à l’automne et son système racinaire imposant. Par contre, pour l’effet décompactant, gardez en tête qu’il s’agit d’une plante et non d’une sous-soleuse! À la suite d’un travail mécanique de décompaction, le radis peut être un bon allié. Il ne survit pas à l’hiver et se décompose plutôt rapidement. Les trous qu’il peut faire sont plutôt impressionnants!

Au niveau des moutardes, les plus populaires sont les jaunes (aussi appelé blanches) et les brunes. Les deux catégories résistent bien aux premiers gels et développent des biomasses intéressantes. L’intérêt de la moutarde brune réside dans ses effets biofumigants. Cette dernière est riche en glucosinolates et ceux-ci, en se décomposant, se transforment en un composé volatile et toxique pour certains organismes. Par contre, pour la réussite de l’opération, des précautions doivent être prises quant à la période d’incorporation au sol. La moutarde doit être au bon stade, les conditions climatiques doivent être propices et un broyage adéquat doit être fait.




Radis décompacteur


ET LES AUTRES…

Plusieurs autres types de végétaux peuvent être utilisés en engrais vert. Le sarrasin, par exemple, est un champion pour étouffer les mauvaises herbes. Son système racinaire est très développé et favorise la formation d’agrégats. Il laissera peu de résidus au sol. La phacélie peut aussi être utilisée en culture de couverture. Très populaire en Europe, elle sera bénéfique si semée pour une saison complète. Sur le plan racinaire, elle est très ramifiée bien que son système soit peu profond. Au niveau des graminées, le ray-grass est de plus en plus connu, et avec raison! Il comporte beaucoup de racines, tolère la compaction, est excellent en partenariat avec le trèfle et peut être annuel ou semi-annuel. Les céréales comme le seigle d’automne ou l’avoine sont aussi des options à envisager.


Phacélie


Mélange en intercalaire dans le maïs


EN INTERCALAIRE, ON FAIT QUOI?

Plusieurs des plantes mentionnées peuvent être utilisées en culture intercalaire. Les trèfles, radis et ray-grass sont de bons choix souvent combinés. Dans le maïs, on implante les intercalaires au stade 5-6 feuilles. On n’ajuste pas la fertilisation en conséquence, mais on sélectionne avec attention les herbicides et résiduels. Différents équipements sont disponibles pour le semis. Il est à noter que semer à la volée est généralement la technique la plus simple, mais pas nécessairement la plus efficace si aucun travail n’est fait à la surface du sol. Les céréales sont aussi propices à la culture intercalaire.

Il peut parfois être difficile de chiffrer les répercussions économiques des cultures de couverture dans nos rotations, mais il va de soi que leurs effets sont bel et bien présents. Prenez soin de votre terre, elle saura vous le rendre!

Remerciements à Roselyne Gobeil, agr., spécialiste en engrais verts chez Semican


JUDITH FRANCOEUR, agr.
Directrice de territoire
Semican inc.

STÉPHANE PÉPIN
Conseiller aux ventes végétales
Agri-Marché inc.

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