1 800 463-3410

La reproduction en tout ou en partie des textes et photos de la revue Agri-Nouvelles sur quelque support que ce soit est formellement interdite sans le consentement préalable et écrit de Agri-Marché inc. Ces textes et photos sont soumis au droit d’auteur.

C'est ça qui est ça!

Porc •

Les 3 et 5 décembre dernier avaient lieu les journées d’information présentées par Agri-Marché. Ces journées sont composées de plusieurs conférences, ouvertes à tous en matinée puis présentées par secteurs en après-midi. En avant-midi, le sujet principal touchait les enjeux liés à la main-d’œuvre agricole. En après-midi, les conférences se sont concentrées par production.

Dans le domaine porcin, il y a eu trois présentations dont une offerte par les conseillers porcins. Ces derniers ont mis en commun les bonnes pratiques d’élevage présentes sur les fermes. Voici les grandes lignes observées chez les producteurs élites.
 

MATERNITÉS

  1. Les producteurs élites favorisent un environnement chaud et sec pour l’arrivée des porcelets. Ils ont idéalement deux sources de chaleur. Le combo gagnant est celui du tapis chauffant et de la lampe. En hiver, il est préférable d’allumer cette dernière dès l’entrée des truies en misebas et l’été, elle peut être allumée simplement la vieille de la naissance. Aussi, l’utilisation de tapis de carton et de poudre asséchante est encouragée lors des naissances.
     
  2. Les soins à la mise-bas sont essentiels pour favoriser la réussite. Il est important de respecter le protocole du vétérinaire traitant pour l’utilisation de l’ocytocine et l’arbre décisionnel pour les fouilles. La présence et l’observation sont les clés du succès pour un bon suivi des naissances. Ainsi, si plusieurs porcelets sont mort-nés ou momifiés, si 30 minutes se sont écoulées depuis le dernier porcelet, s’il s’agit d’une vieille truie (6e parité et plus) ou si elle a beaucoup de contractions, il est important d’assister la femelle par une fouille complète et de sortir tous les porcelets accessibles. Lors de cette intervention, il est cependant primordial de ne pas tirer le porcelet encore attaché à la mère par le cordon ombilical, mais bien de tirer seulement sur le cordon près de la truie.
     
  3. Encore une fois, la présence et l’observation sont de mise lors des soins donnés aux porcelets naissants. Il faut sauver le plus de porcelets. L’assèchement est une technique qui fait de plus en plus ses preuves; elle favorise la stimulation des petits et accélère la prise du colostrum. Idéalement, il faut prioriser le colostrum de la mère biologique et installer les porcelets près des tétines. Il est aussi recommandé de couper les cordons ombilicaux une fois qu’ils sont secs pour réduire le risque d’infection et de développement d’hernies.
     
  4. Le processus d’adoption doit être complété au cours des 24 premières heures pour augmenter les chances de survie et éviter les écrasements. Ici encore, il est préférable de privilégier la mère biologique pour favoriser la bonne santé du troupeau. Chez les portées surabondantes, il faut diminuer le nombre de porcelets en s’assurant toutefois que ceux de moins de 700 g soient éliminés. Il a été démontré que ces derniers ne se rendent pas au poids optimal de 6 kg au moment du sevrage, soit à 21 jours. Aussi, il est bien de favoriser les adoptions de cochettes entre elles et de maximiser leur nombre de tétines pour augmenter les chances d’avoir de belles portées futures. 
     
  5. Dès leur sevrage, les truies devraient être alimentées à volonté. La méthode du flushing alimentaire permet d’augmenter la qualité des chaleurs, d’offrir plus d’énergie, et d’augmenter la quantité d’ovules et par le fait même la quantité de porcelets. Pour la détection des chaleurs, les producteurs élites trouvent que le meilleur moyen est le passage du verrat. Par contre, il est conseillé de faire la détection calmement auprès des cochettes pour réduire leur stress.
  6. Durant la période de la gestation, il est important de ne pas suralimenter les femelles. Selon la génétique, il est recommandé de respecter le programme fourni en fonction de l’âge et de l’état de chair de l’animal. Il a été démontré que les pertes d’état de chair doivent être récupérées le plus tôt possible en période de gestation. De plus, l’ajustement des doseurs et la validation de la densité de l’aliment sont fortement suggérés au cours de l’année. Pour finir, il faut stimuler la consommation de la femelle, et ce, dès la naissance des porcelets. Une bonne régie des états de chair est une recette gagnante, car les truies grasses ont tendance à avoir des mises-bas difficiles et des départs en consommation lents, ce qui affecte toute la lactation.
    Source : Kim et al., (2015), Acta Agric. Scan. dans Dritz et al. (2018), PIC Nutrition Symposium
     

POUPONNIÈRES

  1. Pour favoriser un bon départ en pouponnière, il est très important de bien laver l’environnement avec du savon et du désinfectant. On doit aussi chauffer le bâtiment pour bien assécher l’espace des porcelets. Il ne faut pas oublier de désinfecter les lignes d’eau avec du chlore ou un autre agent tel que le Proxy-Clean.
     
  2. Lorsque les porcelets entrent dans le bâtiment, il est important de les séparer par grosseur et par nombre. De la sorte, les porcelets peuvent grossir uniformément à travers le lot. Si des plus petits ou radais se forment, il est important de les isoler dans des parcs réservés aux malades ou aux petits.
     
  3. Pour réduire les problèmes de diarrhée post- sevrage, plusieurs producteurs élites acidifient leur eau. Une solution mère est formulée pour abaisser le pH de l’eau à 4 et passe dans un doseur pour une durée de 3 à 4 semaines. Pour diminuer la diarrhée davantage, on peut aussi ajouter de l’amidon de patate dans les trémies durant les premiers jours. Il ne faut pas donner plus de 1 tasse pour 25 porcelets car en grande quantité, l’amidon peut constiper ces derniers.
     
  4. Dans les parcs réservés aux malades ou aux plus petits, il est préférable d’offrir un bol de bouette pour stimuler l’appétit. La bouette est un mélange de moulée sèche avec de l’eau. Lorsqu’on commence à faire de la bouette, on met un peu plus d’eau que de moulée dans le bol. Graduellement, on augmente la quantité de moulée par rapport à l’eau jusqu’à ce que les porcelets mangent de la moulée sèche. Dans des cas extrêmes où les porcelets ne sembleraient manger ni la bouette, ni la moulée sèche, on peut saupoudrer un peu de poudre de lait sur la bouette pour voir si cet ajout attirera l’attention des porcelets et s’ils commenceront à manger.
     
  5. On ne le dira jamais assez : l’eau a une importance majeure pour un bon départ en pouponnière. C’est pourquoi on recommande d’ajouter un point d’eau dans le parc ou des trémies d’eau en sevrage-abattage durant les premières semaines. Plus les porcelets boiront, plus ils mangeront et prendront rapidement du poids. 
     

ENGRAISSEMENTS

  1. Il est nécessaire d’avoir un parc destiné aux malades dans la partie engraissement. Ce parc doit être un lieu agréable permettant aux porcs de récupérer. Il ne s’agit cependant pas d’un endroit réservé aux soins palliatifs où on laisse les porcs mourir; si les traitements ne fonctionnent pas, l’euthanasie est l’option à privilégier.
     
  2. Pour avoir de bonnes conversions, il faut bien ajuster les trémies. On vise à voir le tiers du fond d’une trémie sèche tandis qu’avec une trémie humide, on doit apercevoir un peu de moulée à travers l’eau. Il est important d’ajuster la trémie au fur et à mesure que les porcs grossissent. En cas de problème de caudophagie ou lorsque les trémies ne sont pas assez larges pour le nombre de porcs, on doit voir à ce qu’elles soient plus ouvertes afin de diminuer la compétition.
     
  3. Une bonne partie du travail en engraissement est reliée au pesage et à l’envoi des porcs à l’abattoir. Puisque le paiement se fait en fonction de l’indice, il est important de sortir les porcs dans la bonne strate de poids. Lorsqu’on utilise une balance trieuse, il ne faut pas oublier d’entraîner les porcs avant les vraies pesées. On vise un poids vivant de 125 kg à 130 kg à la sortie pour une carcasse d’environ 103 kg. Il faut penser à augmenter le poids au stade de l’attente à l’abattoir. Voici un tableau pour vous aider à prévoir les sorties en situation normale. Il est important de valider les nombres réels dans votre ferme puisqu’ils peuvent varier selon les lots. Si vous avez des balances trieuses, vous pouvez utiliser votre groupe 2 pour vous aider à prévoir la prochaine sortie. Lorsque vient le temps de sortir les porcs, il faut s’assurer qu’ils soient à jeun depuis 12 heures et bien tatoués. Afin de réaliser un tatouage de qualité, il faut disposer de matériel propre et ajouter de l’encre à tous les 2 à 3 porcs. Évitez par ailleurs de tatouer au chargement. Depuis le 1er octobre 2019, des pénalités peuvent s’appliquer si les porcs ne sont pas à jeun, ne sont pas tatoués ou sont trop sales.
  4. Les mesures d’enrichissement caractérisent aussi les producteurs les plus motivés. En vertu des nouveaux programmes chapeautés par la plateforme l’Excellence du porc canadien, il doit y avoir un minimum de deux mesures d’enrichissement à tous les stades de la production. L’enrichissement doit promouvoir les comportements naturels des porcs, ce qui diminue les comportements anormaux et stéréotypies. Ces dernières peuvent se manifester dans les élevages par du cannibalisme ou par un mâchouillement des barreaux ou dans le vide. Plusieurs études ont aussi démontré que l’enrichissement peut augmenter les résultats zootechniques. L’objet utilisé pour enrichir l’environnement doit être destructible, déformable, consommable, mâchouillable, odorant et idéalement propre. Pour bien maintenir l’intérêt et l’attention des porcs, il est important de faire une rotation parmi les objets, matériaux ou jouets. Les objets qui pourraient en se brisant leur occasionner des blessures sont à éviter, par exemple les pneus radiaux contenant des broches.
     
  5. Dernier point en engraissement : il faut bien calibrer la ventilation selon la saison. L’été, la ventilation est habituellement réglée au maximum; si les ventilateurs fonctionnent bien, il est facile de maintenir la température à 21 °C (70 °F). En hiver, il faut penser à refermer les ouvertures des entrées d’air des différents niveaux de ventilation. On évite aussi que l’air froid soit projeté directement sur les animaux. En fermant et en isolant les niveaux 3 et supérieurs, on peut diminuer la température de consigne. Il ne faut pas oublier d’augmenter la ventilation minimale à mesure que les porcs grossissent. Par ailleurs, chauffer de l’air humide demande plus d’énergie que chauffer de l’air sec. Il faut observer les animaux et prendre le temps de ’sentir’ l’ambiance; est-ce chaud ou humide, est-ce que ça sent fort ? Il faut ajuster au besoin.


SEVRAGE-ABATTAGE

  1. En sevrage-abattage, l’importance des aspects abordés au sujet des pouponnières et engraissements prévaut aussi, mais il faut penser à faire quelques ajustements pour les porcelets de 6 kg qui entrent en engraissement.
     
  2. On augmente habituellement la densité au départ pour concentrer les porcelets près de la moulée et de l’eau et pour ne pas avoir à chauffer le bâtiment au complet. Il est important que la pièce soit chaude et l’air sec à l’entrée des porcelets. Afin d’aider les plus petits, il est approprié de créer un parc pour les rassembler et d’ajouter des lampes chauffantes au besoin pour offrir une source de chaleur supplémentaire. Cela peut faire une grosse différence sur le départ.
     
  3. On doit aussi prévenir les étranglements; les porcelets peuvent se prendre dans des trémies ou portes anti-retour qui ne sont pas conçues pour eux. Des tuyaux en PVC sont parfois utilisés dans les trémies pour éviter que cela ne se produise. Certaines sont aussi mieux adaptées ou ont pu être modifiées. Les portes anti-retour doivent quant à elles être relevées ou bloquées jusqu’à ce que les porcs aient atteint 25 kg dans la plupart des cas.
     
  4. L’eau est très importante, surtout en post- sevrage. Des abreuvoirs avec tube à vide sont souvent ajoutés en engraissement. L’utilisation de compteurs d’eau permet aussi de voir venir les maladies avant que les signes cliniques apparaissent.

C’est ça qui est ça!


VALÉRIE SAUVAGEAU-ROBERT
Conseillère technique en production porcine
Agri-Marché inc.

NANCY FRANCO-GENDRON, agr., M. Sc.
Conseillère technique en production porcine
Agri-Marché inc.

MÉLANIE ROY, agr.
Conseillère technique en production porcine
Agri-Marché inc.

<< Retour à la liste
0 commentaire(s)

Personne n'a commenté cette nouvelle.

Laisser un commentaire

(850/850 caractère(s) restant(s))