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REPORTAGE FERME JULIEN GAUVIN

Porc •

Ferme Julien Gauvin : un producteur responsable par nature!

La Ferme Julien Gauvin est située à Saint-Denis-sur-Richelieu, en Montérégie. L’entreprise est menée par Julien Gauvin, un jeune entrepreneur agricole, et possède deux pouponnières de 1 200 places et un engraissement de 1 200 places à forfait, en plus de 200 arpents de terres cultivables. L’an dernier, Julien a été finaliste du concours Responsables par nature des Éleveurs de porcs du Québec, ce qui prouve que tout son travail porte fruit!

L’histoire débute en 1979 lorsque Bertrand Gauvin, le père de Julien, construit un engraissement de 1 200 porcs sur un site isolé. En 1997, il décide de construire côte à côte deux pouponnières de 1 200 places en vue d’accroître la capacité de son entreprise et de la diversifier. Julien est aux études mais aide son père à la ferme; c’est alors qu’il attrape la piqûre de l’agriculture. Il rêve un jour de reprendre la ferme familiale, ce qui le motive à étudier en gestion d’entreprise agricole à l’ITA. Il obtient son diplôme en 2001 et achète l’entreprise de son père en 2007.

À la suite de l’acquisition, Julien décide d’apporter des modifications à la ferme à la fois pour qu’elle reflète davantage ses valeurs et pour le bien de l’environnement et des animaux.
 

CHANGEMENTS DANS LES CULTURES

Pour diversifier ses cultures et garder ses sols en santé, Julien fait la rotation de trois grandes cultures : le maïs, le soya et le blé. Cela fait seulement trois ans que le blé a été ajouté dans sa rotation. Le blé demande moins de phosphore que les autres cultures et diminue donc l’impact négatif de ce dernier sur l’environnement.

Avec l’aide de son agronome, Julien fait la caractérisation de son lisier aux cinq ans pour mieux connaître sa composition réelle. Il peut ainsi recevoir de meilleures recommandations de son agronome et appliquer son lisier sans surdoser ses sols.

De plus, Julien prend la décision de diminuer l’utilisation des pesticides à la ferme. Il retire le traitement de semences insecticide pour le maïs et le soya et n’utilise aucun pesticide contenant des néocotinoïdes. Il fait du dépistage avec son agronome et passe à l’application aux champs seulement lorsque nécessaire.

Pour réduire l’impact du lessivage des lisiers près des cours d’eau, les terres sont entourées d’une bande riveraine d’une largeur d’un mètre; ceci limite l’érosion des sols et prévient une contamination possible des cours d’eau après l’application du lisier.
 

CHANGEMENTS DANS L’ENGRAISSEMENT

En 2011, Julien décide d’introduire un système de balance trieuse dans son engraissement pour améliorer le bienêtre animal et humain. Avec ce système, les porcs peuvent se déplacer sans problème dans leur environnement et ont assez d’espace pour courir, dormir, manger et boire sans déranger les autres. Il y a aussi moins de batailles entre porcs puisqu’il est plus difficile de créer une hiérarchie dans de grands groupes. De plus, un porc dominé y a suffisamment d’espace pour fuir un porc dominant. Si un porc doit malheureusement être isolé pour cause de blessure ou de maladie, Julien peut le mettre dans un enclos dédié aux cas à problèmes. Grâce à ce type d’enclos, Julien peut donner plus d’attention aux porcs dont l’état l’exige.


Lorsque vient le temps du pesage, les porcs sont pesés automatiquement par une balance. Celle-ci dirige les porcs prêts à l’abattoir dans un enclos d’expédition et retourne les autres dans leur environnement pour qu’ils puissent y poursuivre leur croissance. Lorsque la bâtisse était en parcs, il fallait être au moins deux pour la pesée; il fallait aller dans chaque parc et faire passer les porcs dans une balance un à un. Cette façon de faire causait beaucoup de stress et de panique chez les animaux, en plus d’être très lourde et longue pour Julien et son père. Avec la balance trieuse, Julien n’a pas besoin d’un autre employé pour l’aider; il surveille simplement le pesage tout au long de la journée et les porcs passent lorsqu’ils veulent manger. Ils sont habitués à la balance, de sorte qu’ils ne vivent pas de stress ou de panique.



Depuis la conversion, les porcs n’ont aucune crainte de l’humain. Julien entre tous les jours dans ses bâtisses et marche entouré de ses porcs. Lorsqu’il entre dans les chambres, les porcs se dirigent vers lui en courant; ils n’ont aucune gêne et s’amusent à lui mordre les bottes.

Pour rehausser la biosécurité dans sa ferme, Julien se munit en 2014 d’un composteur cylindrique rotatif usagé. Ce composteur lui permet de se débarrasser de ses morts à la pouponnière et à l’engraissement sans devoir avoir recours à un équarrisseur. Ce système élimine les risques de contamination des sites due à la visite de l’équarrisseur.

Le fonctionnement du composteur est assez simple. Il suffit d’avoir de la ripe de bois, de l’électricité et un permis d’équarrisseur émis par le MAPAQ. On dépose la carcasse de l’animal dans le cylindre du composteur et on ajoute de la ripe. Pour une combustion et un compostage des résidus convenables, il faut garder une température de 50 °C et faire un minimum de quatre rotations par jour. Lorsque le compostage est prêt, les résidus sortent du côté du composteur et peuvent être étendus dans les terres deux fois par année, à l’automne et au printemps.
 

CHANGEMENTS DANS LES POUPONNIÈRES

Pour favoriser l’acceptation de ses pouponnières par l’entourage, Julien plante 240 arbres sur le chemin du site et autour de ses pouponnières en 2014. Lorsque les arbres seront matures, ils créeront un brise-vent qui éliminera certaines odeurs autour de la fosse et camoufleront un peu le site.

De la même façon qu’il travaille dans son engraissement, Julien est très minutieux du bien-être de ses porcelets. Pour améliorer leur confort, il vient tout juste de refaire sa ventilation. Grâce aux changements apportés, l’air qui entre dans les trappes est mieux distribué dans l’environnement des porcelets. La nouvelle configuration des ventilateurs permet de garder les chambres au sec et l’air ambiant est nettement amélioré.
 

USAGE DES ANTIBIOTIQUES À LA FERME

En ce qui concerne l’usage d’antibiotiques, Julien est conscient des risques de la résistance qui les entoure et préfère toujours essayer d’autres options. C’est pourquoi il isole ses malades ou plus petits pour leur accorder plus d’attention. Dans la pouponnière, Julien sépare également les petits et les malades. Il leur donne un bol d’eau supplémentaire et fait de la bouette dans un autre bol pour aider leur croissance. Pour diminuer la diarrhée post-sevrage, Julien acidifie son eau et travaille avec de l’amidon de patate en surface sur la moulée. Lorsque leur santé en dépend, les porcs malades en pouponnière ou dans l’engraissement sont traités selon les recommandations du vétérinaire.
 

UNE JEUNE FAMILLE

Julien a deux jeunes enfants avec sa conjointe Marie-Ève, qui est enseignante au primaire : son fils Hubert, âgé de 4 ans, et sa fille Clémence, qui a 2 ans.

Les enfants ont déjà l’habitude de visiter les cochons avec leur père. Hubert, en particulier, demande souvent à son père d’aller aux porcheries. Il pourrait passer des heures dans les bâtisses seulement à regarder les cochons; aussitôt qu’il les voit, il saute de joie et affiche un énorme sourire. Il n’a aucunement peur d’eux, et les cochons semblent aimer sa présence, sans doute parce qu’ils se font dorloter!

Si on se fie à l’étincelle qui apparaît dans les yeux de son fils lorsqu’il entre voir les cochons, Julien pourrait avoir une belle relève. Mais ce choix appartiendra aux enfants. Julien et Marie-Ève ne veulent pas forcer les choses; ceux-ci pourront faire ce qui les rendra heureux, que ce soit dans le domaine agricole ou ailleurs. Pour le moment, flatter des cochons et faire des tours de tracteur rendent le jeune Hubert très heureux!

Agri-Marché est fier d’appuyer la Ferme Julien Gauvin depuis bientôt 10 ans. Nous lui souhaitons beaucoup de succès dans ses projets futurs!


NANCY FRANCO-GENDRON,
M. Sc., agr.
Conseillère en production porcine
Agri-Marché inc.

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